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Machines, matériel agricole ou médical : la Mourabaha d’équipement ivoirienne

En Côte d’Ivoire, la Mourabaha d’équipement permet à une entreprise d’obtenir une machine, un véhicule utilitaire ou du matériel professionnel acheté par un établissement agréé, puis revendu avec une marge affichée, payable par échéances, sans intérêt.

Machines, matériel agricole ou médical : la Mourabaha d’équipement ivoirienne

Principe de la Mourabaha appliquée aux équipements

L’entreprise choisit le fournisseur et le matériel, par exemple une décortiqueuse de cajou, un groupe électrogène ou un échographe. L’établissement achète l’équipement, en devient propriétaire, puis le revend à l’entreprise au coût d’acquisition majoré d’une marge fixée au contrat.

Exigences de transparence de la BCEAO

L’instruction n° 004-05-2018 impose que le contrat mentionne séparément le coût d’acquisition et la marge, ainsi que les frais de mise en place et les modalités de paiement. La variante sans divulgation de la marge porte un autre nom : la Moussawama.

Pourquoi un équipement à fabriquer pose problème

Le texte exclut la Mourabaha sur un bien en cours de construction ou de fabrication. Pour une ligne de production commandée sur mesure ou un hangar à bâtir, l’Istisna, éventuellement adossé à un Istisna parallèle avec le fabricant, constitue le contrat approprié.

Salam pour les filières agricoles

Le Salam, vente à terme avec paiement intégral d’avance, est également défini par la BCEAO. Il peut préfinancer une récolte de cacao, d’anacarde ou d’hévéa, l’établissement revendant ensuite la marchandise par un Salam parallèle auprès d’un acheteur.

Quel est l’état du marché ivoirien ?

Les quatre instructions de 2018 ouvrent la voie aux banques islamiques, aux branches islamiques de banques conventionnelles et aux systèmes financiers décentralisés. Pourtant, aucune grille publique de Mourabaha d’équipement émise par un établissement ivoirien n’a pu être consultée en 2026.

Les financements islamiques passent surtout par les institutions

La Société islamique pour le développement du secteur privé, filiale du groupe BID, recense en Côte d’Ivoire une Mourabaha de 9,6 millions de dollars approuvée en 2019 pour la banque BDU et un Istisna de 27 millions de dollars accordé en 2013 à la CNPS.

Démarches auprès des banques locales

Une PME peut demander aux banques disposant d’une branche islamique autorisée, ou bénéficiant de lignes de l’ICD, si un financement d’équipement conforme est possible. Le groupe Coris Bank International met en avant une marque islamique, Coris Baraka, dont l’offre ivoirienne doit être confirmée par écrit.

Régime fiscal et comptable

L’entreprise devient propriétaire dès la signature et amortit le matériel selon les règles du SYSCOHADA. La TVA ivoirienne sur la double vente et la déductibilité de la marge doivent être validées avec un expert-comptable, aucun régime fiscal islamique spécifique n’ayant pu être confirmé.

Étapes d’un dossier de Mourabaha d’équipement

Le parcours ressemble à celui d’un crédit d’investissement, avec une contrainte supplémentaire : l’établissement doit acheter et posséder le bien avant de le revendre. Les devis et factures doivent donc être établis à son nom.

  1. Vérifier l’autorisation BCEAO de l’établissement pour son activité islamique.
  2. Obtenir des devis détaillés au nom de l’établissement financeur.
  3. Déposer le plan d’investissement, les états financiers et les garanties proposées.
  4. Signer la promesse unilatérale d’achat et, si demandé, verser un dépôt de bonne foi.
  5. Laisser l’établissement payer le fournisseur et réceptionner le matériel.
  6. Signer le contrat de Mourabaha indiquant coût, marge et échéancier.
  7. Installer le matériel et respecter le calendrier de paiement.

Coûts, garanties et pièces

Sans tarif public, la marge se négocie selon le risque de l’entreprise, la durée et les sûretés. Le contrat doit néanmoins présenter chaque composante séparément, ce qui permet de comparer avec une offre de crédit d’investissement conventionnel.

PosteCe qu’il faut prévoirNote
MargeFixe, distincte du coût d’acquisitionObligation d’affichage BCEAO
Frais de mise en placeIndiqués dans le contratÀ négocier
Dépôt de bonne foiPossible avant l’achatCouvre un désistement du client
SûretésGage sur le matériel, caution ou nantissementSelon la taille du projet
DocumentsRCCM, DFE, états financiers, devis, plan d’affairesPrévisionnel exigé pour une création

Erreurs qui font échouer le dossier

Les refus tiennent souvent à la nature du bien ou à la chronologie. Une préparation rigoureuse limite les allers-retours, d’autant que les équipes islamiques des banques ivoiriennes restent de petite taille.

Que deviennent les pénalités de retard ?

L’entreprise peut s’engager à verser une somme forfaitaire en cas de retard. Les montants collectés sont reversés à des œuvres caritatives, après paiement des sommes dues au créancier, et ne rémunèrent donc pas l’établissement.

Questions fréquentes

Ces réponses visent les dirigeants de PME, coopératives agricoles, cliniques privées et transporteurs ivoiriens qui cherchent à équiper leur activité sans recourir à l’intérêt, dans un marché où l’offre islamique reste embryonnaire.

Peut-on financer du matériel importé ?

Oui. L’établissement peut acheter le matériel auprès d’un fournisseur étranger, le faire dédouaner, puis le revendre une fois disponible. Les frais d’importation peuvent être intégrés au coût d’acquisition, à condition d’être justifiés et clairement indiqués au contrat.

Une coopérative peut-elle passer par la microfinance ?

Oui, si l’institution est autorisée en vertu de l’instruction n° 003-03-2018. L’instruction n° 005-05-2018 définit pour ces structures la Mourabaha financement, utile pour de petits équipements comme des séchoirs, pompes ou motoculteurs.

La Mourabaha convient-elle à un fonds de roulement ?

Non. La Mourabaha exige un bien identifié acheté puis revendu. Pour le cycle d’exploitation, le Salam ou la Moudaraba, prévus par la BCEAO, sont plus adaptés, sous réserve qu’un établissement ivoirien accepte de les structurer.

Comment comparer avec un crédit classique ?

Il faut rapporter le prix de revente total au coût d’acquisition et à la durée, puis comparer avec le coût global d’un crédit conventionnel, frais inclus. Un écart modeste peut se justifier par l’absence d’intérêt et la transparence imposée par la BCEAO.

Quelles garanties publiques mobiliser ?

Aucun fonds de garantie ivoirien dédié à la finance islamique n’a pu être identifié. Les sûretés classiques, comme le gage sur le matériel, la caution du dirigeant ou le nantissement du fonds de commerce, restent compatibles avec la Mourabaha si le conseil charia les valide.

Où accéder à ces solutions

Références officielles et légales