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Locaux commerciaux et industriels : financer l’immobilier pro par ijara

En Algérie, le leasing islamique immobilier pour professionnels prend la forme d’une ijara mountahia bi tamlik : la banque achète le local, l’atelier ou le terrain choisi par l’entreprise, le lui loue à loyer fixé d’avance, puis le lui cède en fin de contrat.

Locaux commerciaux et industriels : financer l’immobilier pro par ijara

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Une location qui se termine par la propriété

Dans l’ijara mountahia bi tamlik, la banque devient propriétaire du bien immobilier choisi et le met à disposition de l’entreprise pendant une durée longue. Après le dernier loyer, le client peut acquérir le bien pour un prix symbolique fixé au contrat.

Justification charaïque du montage

La banque porte la propriété et ses risques pendant la location, ce qui justifie le loyer. Le transfert final repose sur une promesse de vente distincte, conformément aux standards de l’ijara, afin d’éviter de combiner deux contrats en un seul acte juridique.

Formalités foncières et fiscalité

Le bien est d’abord acquis par la banque par acte notarié publié, puis transféré au client en fin de contrat, ce qui implique des formalités d’enregistrement à chaque mutation. Le preneur comptabilise les loyers en charges, selon la doctrine de la DGI sur le crédit-bail.

Cadre réglementaire bancaire

Le règlement n° 20-02 de la Banque d’Algérie autorise l’ijara et impose un comité charaïque d’au moins trois membres. La loi n° 23-09 du 21 juin 2023 portant loi monétaire et bancaire sert de base aux textes plus récents sur la finance islamique.

Les banques qui financent l’immobilier pro en ijara

Le CPA commercialise une ijara mountahia bi tamlik dédiée aux professionnels et une autre aux entreprises. Al Baraka Bank Algérie finance l’acquisition, l’aménagement et l’extension de locaux commerciaux en ijara, tandis que la BNA propose une mourabaha d’investissement couvrant aussi l’immobilier.

Ce que propose le CPA

Le CPA finance jusqu’à 100 % du prix d’un bien commercial ou industriel, terrain compris, sur quinze ans au maximum, différé inclus. Le différé démarre à la signature du procès-verbal de remise du bien, et l’achat final se fait à un prix symbolique.

Conditions d’Al Baraka Bank Algérie

Al Baraka finance l’immobilier commercial jusqu’à dix ans, avec loyer fixe et promesse de vente symbolique. Elle exige la domiciliation de tout ou partie du chiffre d’affaires, des déclarations au régime réel et les deux derniers bilans de l’activité financée.

Contraintes et alternatives

Les durées restent plus courtes qu’un financement résidentiel, ce qui alourdit mécaniquement le montant des loyers. Lorsque l’ijara n’est pas disponible, la mourabaha immobilière, comme le produit Tamwil Mahallat lancé par la CNEP en 2024, permet aussi d’acheter un local professionnel sans intérêt.

Les étapes d’une ijara immobilière professionnelle

Le montage implique la banque, le vendeur, le notaire et souvent un expert immobilier. L’ordre ci-dessous reprend les conditions publiées par le CPA et Al Baraka ; il s’adapte selon que le bien est neuf, ancien ou à aménager.

  1. Identifier le local, l’atelier ou le terrain et vérifier son titre de propriété.
  2. Faire établir une promesse de vente et une évaluation du bien.
  3. Déposer la demande avec bilans, situation fiscale, statuts et étude du projet.
  4. Obtenir l’accord de financement et négocier durée, différé et garanties.
  5. Laisser la banque acquérir le bien par acte notarié.
  6. Signer le contrat d’ijara et le procès-verbal de remise du bien.
  7. Payer les loyers puis signer l’acte de vente final au prix symbolique.

Coûts, documents et garanties

Les loyers ne sont pas publiés ; ils intègrent le prix du bien et la rémunération de la banque. Le tableau signale les informations affichées et celles qu’il faut obtenir par écrit avant de signer la promesse de location.

ÉlémentInformation disponibleÀ prévoir
QuotitéJusqu’à 100 % au CPA et à la BNASelon la capacité d’endettement
Durée15 ans au CPA, 10 ans chez Al Baraka et la BNADifféré possible sur demande
Prix d’achat finalSymbolique au CPA et chez Al BarakaActe notarié de transfert
Frais de mutationDroits d’enregistrement et publicité foncièreBarème fiscal en vigueur
PiècesRC, NIF, statuts, titre ou bail, bilans sur trois exercices, étude technico-économiqueSituation fiscale de moins de 3 mois
GarantiesSelon la banque et le projetCaution des associés fréquente

Pièges à éviter

Un dossier immobilier professionnel échoue souvent sur des questions juridiques ou foncières plus que sur des questions financières. Les points suivants sont à contrôler avant même de solliciter la banque, en particulier pour un bien ancien acquis auprès d’un particulier.

Un terrain nu peut-il être financé en ijara ?

Oui. Le CPA inclut explicitement les terrains dans son ijara pour professionnels et entreprises. La CNEP propose également Tamwil Aradi, une mourabaha destinée à l’achat de terrains ou de locaux professionnels, lancée en février 2024.

Qui paie les impôts fonciers pendant la location ?

La banque étant propriétaire, la répartition des taxes foncières et des charges de copropriété est fixée par le contrat d’ijara. Les grosses réparations incombent en principe au bailleur, l’entretien courant au locataire ; ces clauses doivent être lues attentivement.

Peut-on financer l’aménagement d’un local déjà détenu ?

Al Baraka finance l’aménagement et l’extension de locaux commerciaux, et la BNA propose l’istisnaa pour des travaux côté particuliers. Pour un bien déjà détenu, le montage passe par une istisnaa ou une ijara portant sur les travaux.

Que se passe-t-il en cas de cessation d’activité ?

Le contrat prévoit les conditions de résiliation : restitution du bien, rachat anticipé ou cession du contrat avec accord de la banque. L’entreprise reste redevable des loyers échus, et la banque peut reprendre le bien qu’elle possède.

Un professionnel libéral peut-il accéder à ces produits ?

Oui. Le CPA vise les professionnels installés en Algérie, et Al Baraka cite les professions libérales parmi les activités soumises à autorisation. Un cabinet médical, juridique ou d’architecte peut donc financer ses locaux, autorisation d’exercice à l’appui.

Où accéder à ces solutions

Références officielles et légales